La récente augmentation des prix des produits pétroliers au Togo suscite une vive réaction de l’opposition. Dans un communiqué publié ce lundi, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) dénonce le silence du gouvernement togolais, qui ne s’est jusqu’à présent pas exprimé officiellement sur une décision qui touche pourtant l’ensemble des ménages.
Une hausse jugée « insoutenable » en pleine rentrée scolaire
Pour le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre, le moment choisi pour cette augmentation aggrave son impact social, les familles togolaises devant déjà faire face aux dépenses importantes liées à la rentrée scolaire : fournitures, uniformes, frais de scolarité et transport. L’ANC qualifie cette nouvelle hausse d’insoutenable et d’inacceptable sur le plan social.
Le parti insiste sur le caractère transversal du carburant dans l’économie togolaise : toute hausse de son prix se répercute mécaniquement sur les tarifs de transport, les denrées alimentaires, les produits de première nécessité et l’ensemble des services. Conducteurs de taxi-moto, chauffeurs, commerçants, artisans, agriculteurs, salariés, fonctionnaires, étudiants et ménages en subiraient ainsi directement les conséquences.
Le gouvernement accusé de reporter le poids de ses choix sur les citoyens
L’ANC reproche par ailleurs aux autorités togolaises d’avoir privilégié la facilité plutôt que d’apporter des réponses durables à la crise du pouvoir d’achat, en faisant porter aux citoyens le poids de ce que le parti qualifie de dérives économiques et financières du régime.
Une exigence de transparence sur la formation des prix
Au cœur du communiqué, l’ANC réclame la publication complète et détaillée des justificatifs ayant conduit à cette nouvelle augmentation. Le parti demande notamment que soient rendus publics les cours internationaux du pétrole, le coût réel de l’approvisionnement, la fiscalité, les taxes et prélèvements appliqués, les marges perçues par les différents intervenants de la filière, ainsi que le mécanisme précis de formation des prix à la pompe.
Trois revendications précises adressées au gouvernement
Le communiqué formule trois demandes concrètes à l’attention des autorités : le retrait pur et simple de la nouvelle grille des prix des produits pétroliers accompagné de la publication intégrale de la structure des prix à la pompe ; l’adoption de mesures urgentes pour atténuer l’impact de cette flambée des prix, en particulier sur les populations les plus vulnérables ; et l’ouverture d’un véritable débat national portant sur la vie chère, la fiscalité, les politiques sociales et, plus largement, les choix économiques du pays.
L’Alliance tient toutefois à préciser que ces revendications économiques ne doivent pas occulter les enjeux plus larges qui, selon elle, engagent l’avenir démocratique et institutionnel du Togo.
Une nouvelle grille tarifaire en vigueur depuis le 11 septembre
Pour rappel, une nouvelle grille tarifaire des produits pétroliers est appliquée au Togo depuis le 11 septembre 2026. Le litre de super sans plomb est désormais facturé à 817 FCFA, le gasoil à 766 FCFA, le pétrole lampant à 1 056 FCFA et le mélange deux temps à 896 FCFA.
