Le chef de file de l’opposition togolaise Aimé Tchabouré Gogué a réitéré jeudi ses vives critiques contre la nouvelle Constitution adoptée en mars dernier, la qualifiant de « coup d’Etat constitutionnel ».
Invité sur les ondes de radio Nana FM, le président de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) n’a pas mâché ses mots contre le texte fondamental promulgué le 6 mai par le chef de l’Etat. « C’est une constitution totalement illégale qui a été adoptée suivant une procédure en dehors du cadre légal », a dénoncé M. Gogué, dont le parti dispose de deux sièges à l’Assemblée nationale.
Le député a pointé du doigt le fait que le peuple togolais n’ait pas été consulté avant l’adoption de cette nouvelle loi suprême. « Comment peut-on adopter une constitution sans consulter la population? Le peuple n’a pas pris connaissance du contenu de cette constitution, or celle-ci définit les règles qui régissent les rapports entre les citoyens », a-t-il déploré.
Aimé Gogué a appelé à l’union des forces d’opposition et de la population pour faire bloc contre l’application de ce texte controversé. « Nous estimons que ce sujet devrait être discuté de manière ouverte », a plaidé le doyen d’âge de la 7e législature.
Le patron de l’ADDI a également réaffirmé que les derniers scrutins législatifs et locaux n’avaient pas été transparents, dénonçant les violences et arrestations ayant visé des membres de son parti.
« Un de nos candidats a été tabassé le jour du vote. Au lieu que la sécurité intervienne pour interpeller les auteurs de cette violence, certains de nos membres ont été arrêtés », a regretté M. Gogué, faisant état d' »urnes bourrées » par la majorité.
Si l’opposition reste minoritaire avec 5 députés sur 113, M. Gogué assure que siéger permet de « défendre les causes » du peuple togolais face à cette nouvelle Constitution très décriée.
